ANASTASIA VENKOVA, ARTIST

Il se peut que nous devions nous tenir au même endroit, mais nos pensées peuvent voler librement comme des oiseaux. L'artiste russe Anastasia Venkova utilise Yves Klein comme son inspiration, et était désireuse de poursuivre son projet passionné sur la Seine, mais le début de la pandémie a interrompu ses plans. Nous avons invité Anastasia sur la plateforme Re-born pour qu'elle nous présente ce projet intéressant qu'elle préparait. 

Breakthrough + "Re-" : Pouvez-vous vous présenter et votre projet qui a été annulé?

 

Anastasia Venkova: Je m’appelle Anastasia Venkova, je suis une artiste de Moscou. Le principal objectif de mes explorations d'art contemporain a été la sécularisation des expériences sacrées. Dans mes œuvres, j'examine principalement l'interaction directe entre un spectateur et les forces et concepts extérieurs. Je travaille avec l'or comme médium pour traduire mes intentions. C'est ce qui m'a amené à Yves Klein et ses œuvres, car il a également utilisé l'or dans ses performances.

 

J'ai commencé mes recherches et fait une pré-performance à Paris en octobre. Je me tenais sur les bords de Seine et me couvrais de pigment IBK - le bleu de Klein, puis de feuille d'or. J'ai enlevé des feuilles d'or de mon corps et les ai jetées dans la Seine.

 

Yves Klein a jeté de l'or dans la rivière, qu'il a reçu pour avoir vendu du vide dans une galerie. De plus, il a utilisé le corps des femmes comme «pinceaux vivants» pour créer ses œuvres. Klein a été accusé d'être chauvin à cause de cette approche utilitariste des femmes, mais j'aimerais changer un peu cette vision. Il m'a semblé important d'entrer en dialogue avec ces œuvres en particulier et de réfléchir sur le corps, surtout le corps féminin, comme outil, pinceau ou surface pour appliquer des signes.

 

Analysant son interaction avec la vacuité, je me suis intéressée à enquêter sur l'acte de jeter de l'or dans la rivière, plus comme un rituel, un potlatch, un sacrifice volontaire ou un accord avec les éléments. En utilisant mon propre corps comme surface, je suis entrée en communication avec Sena, y jetant l'or enlevé de ma peau.

 

Je voudrais continuer ce projet et je devais me rendre à Paris puis en Bourgogne en avril-mai 2020. Mon idée était de développer des recherches dans le domaine de l'interaction avec le vide, et j'avais l'intention de faire une série de performances à Paris et en Bourgogne basée sur l'étude des propriétés du corps en tant qu'outil physique pour appliquer des signes et en même temps une surface qui peut être recouverte de signes. Le ciel printanier en France était important pour moi, puisque Yves Klein a dit qu'il signerait le ciel avec son nom. J'avais l'intention de poursuivre mes recherches en France et de préparer une performance avec l'or, le corps et le ciel.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Anastasia Venkova

 

B + R: Quels étaient les buts de votre projet?

A. V. : Le but de mon projet était d'explorer l'interaction de la chair et de l'éthérité et de créer une image qui perpétue la tradition du rituel conceptuel français. La dernière incarnation de mon projet devait être un enregistrement vidéo de la performance et une série de peintures qui clôtureraient cette expérience.

B + R: Pourriez-vous décrire en détail le calendrier prévu de votre projet et à quel

 moment vous avez été informé qu'il devrait être annulé?

 

A. V. : Je n'avais pas de calendrier précis, mais j'avais prévu de passer trois

semaines dans une résidence d'art à Paris et un mois et demi dans une résidence

d'art en Bourgogne pour élaborer et terminer le projet. J’ai appris que les

résidences fermeraient le 10 mars. 

B + R: Idéalement, à quoi aurait ressemblé votre projet?

 

A. V. : Mon projet dans sa forme idéale aurait été une performance devant un public

sur les quais de Seine. 

B+ R: La pandémie a-t-elle eu des conséquences sur vos projets futurs? Comment

y faites-vous face?

 

A. V. : Il est difficile pour moi de prévoir quoi que ce soit maintenant, puisque

je suis enfermée en Russie jusqu’à l’ouverture des frontières. J’ai l’intention de

réaliser mon projet dès que je pourrais rentrer en France. 

B + R: Merci beaucoup Anastasia, nous espérons vous voir en France bientôt.

© Anastasia Venkova

Cette interview a été réalisée en anglais par Yanan He. 

Traduction en français par Anna Lataillade. 

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